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Lexicologie commerciale

Les coiffeurs ont la réputation de faire preuve d’imagination pour attirer l’attention sur leurs enseignes : une compétition acharnée pour trouver le jeu de mot le plus fameux ou foireux, souvent à base de « tif » (Créa’tif, Diminu’tif, Posi’tif…) et de « hair » (L’art de pl’hair, Atmosp’hair, Tête en l’hair, Changez d’hair, Miss’t’hair, Fautif’hair, Rob’hair… un vrai festival). Le site nc233 prend d’ailleurs cet exemple pour expliquer les méthodes de sondage et en conclut que sur les 30 000 salons de coiffure de France, entre 1200 et 2200 contiendraient un jeu de mots dans leur dénomination.
Alors quels sont les noms de salons de coiffure les plus courants ? Et ceux des boulangeries, des bistros ou des restos ?
En attendant la disponibilité en open-data de la base Sirene , on peut déjà explorer les noms de 2 millions d’entreprises inscrites dans les données des greffes des tribunaux de commerce. Sur cette infographie apparaissent les 30 noms les plus courants de chaque type de commerce, leur taille de police étant proportionnelle au nombre d’occurrences de la dénomination.

Le simplissime « salon » est donc la dénomination la plus courante des salons de coiffure français : « l’hair du temps » arrive ensuite mais il semble que la variété orthographique des salons à jeux de mots (« créa’tif », « créa’ tif », »créa tif »…) desservent leur apparition dans le haut du classement.
D’autres types de commerces méritent une attention particulière : les épiciers (« alimentation générale ») optent massivement pour le « petit marché » voire le « mini market », les boulangers pour « l’épi d’or » et le « bon pain », alors que les fleuristes sont « à fleur de pot ».
La « taverne » et l' »escale » sont les noms de bistros les plus fréquents devant le sacro-saint « bar des sports ». Et si les restaurants traditionnels se nomment plutôt la « terrasse » ou le « patio », on reconnait dans les noms les plus courants des fast-foods des spécialités culinaires distinctes : « Istanbul », l' »oasis », le « pacha » mais aussi « pronto pizza » ou « délices d’Asie ».

Graphiques linéaires géospatiaux

Autant que l’album en lui-même, pierre angulaire de la cold wave, la couverture de Unknown Pleasures est restée dans les mémoires : un article de début 2015 revenait sur la genèse du visuel utilisé sur la pochette de Joy Division. Issue d’une revue d’astronomie, l’image représente les ondes du premier pulsar découvert dans les années 1970.

Le cartographe anglais James Cheshire a édité une carte de la population mondiale en s’inspirant de ce mode de réprésentation et Ryan Brideau a eu la bonne idée de rechercher et de publier le processus permettant de jouer avec ces lignes.

Après quelques adaptations des traitements QGis et du code R, voilà le résultat pour la population de France métropolitaine : chaque ligne approxime la population située sur la latitude correspondante :

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Sans aucune délimitation des coutours administratifs, on reconnait immédiatement les pôles denses (oui, les villes) et les territoires structurés autour d’eux.
Cette visualisation à mi chemin entre le diagramme en ligne et la carte, entre l’isoplèthe et la 3D, n’est peut-être pas la meilleure pour rendre compte précisément des masses de population, mais elle est assez inhabituelle pour nous faire porter un regard neuf sur ces données mille fois vues et revues.

Et pour l’altitude, le résultat est également troublant : on y voit de façon très claire les barrières naturelles des Alpes et des Pyrénées, mais aussi le couloir Rhodanien ou les massifs de moindre envergure (le Perche, les monts d’Arrée…).
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En bonus, une animation créée à partir de la localisation des populations aux recensements successifs de 1968, 1975, 1982, 1990, 1999, 2007 et 2012 : la population des villes françaises s’est largement accrue mais ce n’est pas avec cette visualisation qu’on pourra en faire une analyse détaillée. Par contre, avec un peu d’imagination, on y voit battre le pouls du pays.

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